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ma philosophie du photoreportage

J’ai commencé à voyager avec les livres, adolescent. Et avec mon premier travail, j’ai commencé à parcourir ce monde, et depuis je n’ai jamais arrêté.

Pour la crémaillère de ce blog, je tenais à vous présenter ma grande passion du photoreportage.

Il me semble qu’il faut aimer sincèrement les gens pour faire du photoreportage. Idéalement, il faut passer du temps avec les personnes pour faire oublier qu’on fera peut être une photographie. La difficulté réside toujours dans savoir capter l’instant présent. Le moment passé vous ne referez plus l’image.

Je vois beaucoup d’images de certains pays, que je ne vois pas lorsque je voyage. Ce sont des images à « touriste », des personnes jouant leur propre rôle. Beaucoup cherchent le traditionnel, mais le fait est que le monde change. Certes, on cherche à ramener une belle image, mais le photoreporter ne devrait jamais chercher à « mentir » pour présenter une image. J’ai passé beaucoup de temps dans certains endroits reculés, et je n’ai pas vu les « vêtements traditionnels », même chez les anciens, mêmes lors de fêtes parfois.

Ensuite se pose la question de : « dois-je traiter mon image ? ». Longtemps, je n’ai pas travaillé mes images. Jusqu’à ce que je commence un travail photo artistique. Et j’ai pris alors conscience que la photo brute retranscrivait tant mon matériel que ma technique, mais pas nécessairement l’atmosphère à la prise de vue.

Désormais, il m’arrive de faire un traitement de mes images en photoreportage si j’ai l’impression que les émotions ainsi partagées sont plus proches de ce que j’ai pu vivre comme expérience.

On me demande souvent quelle langue je parle lors de mes voyages. Bien entendu, l’anglais. Il y a souvent des personnes qui parlent anglais. Quelques mots du dialecte du coin. Les mains. Le mime. Un ami birman me disait : « Fanfan on le voit parler avec tout le monde même si il ne parle aucun dialecte ».

Un jour, je discutais avec un jeune père de famille dans la jungle, sa femme est venu le disputer car visiblement elle l’avait envoyé faire une tâche, j’ai entendu : ma femme tu vois bien que je parle avec mon ami. Bien entendu, je ne saurai jamais ce qu’il lui a dit.

Communiquer est un acte fondamental de l’homme. Nous arrivons toujours à échanger. Qui plus est lorsque vous partagez la vie de personnes. Vivez comme elles. Et êtes bienveillant.

J’ai passé une journée avec une famille au Myanmar, au moment de se quitter, le père de famille m’a tenu la main, il pleurait, il était ému du moment partagé, je l’étais aussi.

Etant thérapeute manuel, il m’est arrivé de soigner des personnes pendant mes voyages. Dans ces cas, il m’est arrivé d’avoir été appelé le spiritual doctor. Car je pose « juste » mes mains sur les personnes.

Lorsqu’on voyage seul, on est également plus ouvert à la rencontre, et les personnes se comportent différemment avec vous. Quand vous voyagez des endroits à faible densité de population, parfois dans une nature hostile, que le pays soit riche ou pauvre, on est également mieux accueilli. J’ai voyagé récemment avec une amie, et j’ai adoré, mais nous avions une dynamique et énergie de « couple ».

Forcément, et à contrario, quand il vous arrive un accident ou êtes malades quand vous êtes seul, c’est plus compliqué.

Et parfois c’est très simple mais vous comprenez après coup. Des enfants riaient en me voyant essayer de pénétrer dans un ancien batiment militaire perdu dans la jungle. Je n’ai pas compris pourquoi sauf une fois que les fourmis rouges aient commencé à me monter dessus et à me piquer alors que j’étais emmêlé dans le grillage et les ronces. Ha, j’ai dansé la danse de St Gui. Car vous sentez la morsure de ces tous petis insectes, ce n’est pas comme dans nos contrées. Pour sûr. J’ai compris après pourquoi ils riaient.

Autre remarque sur le voyage. J’entends souvent « j’ai fait » tel pays. Je ne sais sincèrement pas ce que cela veut dire.  J’ai voyagé dans des pays, dans des villes, j’ai essayé de m’imprégner de l’air du coin. Pour moi chaque voyage est initiatique et m’interroge sur ma propre culture et mon propre chemin. Je vais dans des pays. Je ne les « fais » pas.

Avant, je cherchais à en voir le plus possible, maintenant je ne respecte jamais mes périples prévus. Au gré des rencontres, des conseils, de ce qui me plait, je change mon itinéraire. Comme me l’a dit un correspondant qui coule ses jours paisiblement dans un coin perdu : « apprendre à savourer la vie ».

Le monde bouge, plus vite qu’on ne le croit. Et il va également mieux qu’on ne le croit probablement. J’espère que mes images susciteront selon les occasions, réflexions, ou apporteront un peu de joie dans les cœurs. En tout cas, j’ai beaucoup de tendresse envers les personnes ou endroits que je partage.

J’espère que ces quelques images, (à voir en grand sur mon flickr) vous plairont. La première image partagée a été prise au lever du soleil dans un petit village de producteurs de thé dans la région Shan au Myanmar. Le grand père m’a expliqué à l’aide de photos et de la sagaie familiale la vie de ses ancêtres du temps des anglais. On m’a offert un petit déjeuner. Dans un grand moment de se sentir à sa place, j’ai pu prendre cette image, en contre jour dans la cabane assez sombre. Il y a peut être à revoir certaines choses sur la technique, mais l’émotion me semble bien présente. Regardez cet âtre. En voyageant on se rend compte que le climat, l’environnement a vu émerger des cultures similaires. J’ai été frappé par certaines ressemblances entre l’Ecosse et l’Irlande la semaine passée, comme j’ai été frappée de ressemblances entre l’Indonésie et certains endroits des Philippines alors que ce ne sont pas du tout les mêmes cultures.

Ha oui, j’ai également entendu des critiques sur les réseaux sociaux sur le photoreportage. Je voulais juste partager cette image, pour illustrer qui photographie le plus qui en périple :

Je dois apparaitre dans de nombreuses images en Asie.

Dernier point. Je dis souvent que je vais me « reconnecter » quand je voyage. D’une part, parce que souvent je vais dans la nature, et que je coupe les réseaux sociaux, je fais un jeun de communication numérique, que j’ai plaisir à retrouver. Mais surtout, je réapprends les choses simples de la vie qu’on a tendance à parfois oublier dans nos sociétés un peu agitées. Je vois beaucoup de personnes qui voyagent pour se perdre. Je pense que voyager doit aider à trouver sa place ici et maintenant. Une amie conteuse m’a dit des mots de  Gougaud « non pas une façon de fuir le réel mais de le nourrir  » en parlant des contes. Cela s’applique parfaitement à ma philosophie. Se nourrir des expériences, pour s’accomplir en tant qu’individu, et mieux trouver sa place, et savoir savourer notre vie.

Je vous laisse, je vais prendre soin de mon bien compressé, je me suis fait roulé dessus par un chauffeur de uber il y a quelques mois aux Philippines. C’est aussi cela les périples, parfois on rencontre la guérilla, parfois on choppe une bactérie, parfois cela laisse des traces dans le cœur et cela ne nous quitte pas pendant des mois après le retour. Et parfois cela laisse des traces dans le corps.

Merci de votre attention, j’espère que vous aurez trouvé ce premier billet intéressant. Voici quelques images de mon périple au Myanmar en 2015.

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