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Du fichier brut à l’image finale

On me pose souvent la question sur le matériel, et logiciels que j’utilise. Et on m’interroge également pour savoir si je « photoshop » mes images.

Je reviendrais ultérieurement sur le matériel que j’utilise et pourquoi, ensuite, c’est comme préférer Pepsi ou Coca, chacun ses préférences, et chacun ses usages ou compromis (dont budget, poids…).

J’ai commencé la photo à l’époque de l’argentique. Après le passage au numérique, je n’ai pas traité mes images, tant pour des raisons d’équipement informatique, que par une croyance que j’avais à l’époque que mes images brutes en photoreportage était ce qu’il y avait de mieux pour représenter ce que j’avais vu. Je shootais également en « jpg » pour des raisons d’espace de stockage.

Puis beaucoup de choses ont changé. Il y a eu des évolutions techniques tant du matériel photo qu’informatique, et également en terme de prix, et j’ai commencé à travailler avec modèle après des années de photoreportage, puis je rencontrais le photographe professionnel Claude Bencimon qui m’a poussé à me dépasser.

A partir de ce moment, j’ai commencé à expérimenter divers solutions de traitement d’image, et voir ce que cela pouvait apporter tant pour mes créations artistiques, que mon travail de base en photoreportage. Si encore aujourd’hui, mon plaisir demeure la prise de vue, je consacre du temps désormais au traitement d’image. Ne serait-ce que pour trouver le meilleur moyen de transmettre une émotion ou une information. Bien entendu c’est un processus très personnel. Sur certaines images, c’est quasi l’image brute qui va ressortir, sur d’autres le processus est plus complexe.

J’ai mis quelques années à trouver mes marques, et mon workflow d’outils. Je ne sais pas si j’ai tout essayé, mais j’ai dû à un moment ou un autre tenter de nombreuses solutions. Je n’ai pas accroché avec beaucoup de solutions qui avaient l’air de répondre à mes attentes mais qui ne me « parlaient pas » une fois dessus (je ne juge donc aucunement de la qualité, et j’incite chacun à tester diverses solutions, j’entends beaucoup de bien de solutions comme Capture One par exemple). Fut un temps, je me suis amusé avec l’excellente suite gratuite de Google, Nik, qui m’a permis de savoir ce qui me plaisait, et notamment m’expérimenter au vieillissement d’image, sujet qui me fascine. Comme toute chose, comprendre, voire maitriser un logiciel, prend du temps.

Alors, pour les curieux, j’utilise aujourd’hui 3 logiciels. Le premier est le très célèbre Adobe Lightroom, qui permet de lire les « raw », les négatifs numériques. Je trouve Raw rapide, et permet de faire un premier affinement de l’image (netteté, contraste, hautes lumières…). J’exporte ensuite un fichier énorme au format « tif » que je vais éditer sous Exposure. Exposure propose de base toute une gamme de « preset », de réglages prédéfinis sur tout un tas de rendus propres à des techniques du passé, que ce soit en photographie ou en cinéma, daguerréotype, technicolor, divers films (ça tombe bien car picturalement, c’est la peinture, le début de la photographie et le début du cinéma qui m’ont influencé). Cette base permet de voir rapidement des atmosphères. Ensuite on peut revoir l’image, notamment exposure est très fin pour tout ce qui concerne les couleurs et jouer sur les différences de tonalité. Des options existent également pour jouer sur les flous, rajouter du grain, des lumières, des textures….. et vous pouvez sauvegarder vos presets pour les réappliquer rapidement.

Pour finir il m’arrive d’utiliser Gimp, pour nettoyer des images « histo »(rique), lorsqu’il y a des éléments XXIème siècle en trop. Ou lorsque je développe certaines techniques de fusion de plusieurs calques en autoportrait en urbex par exemple.

Des questions se posent souvent, quel est le meilleur moyen de faire que l’image parle ? Tout le monde connait le vignettage, assombrir les coins de l’image pour que notre esprit se concentre sur le centre, c’est utilisé par certaines écoles de portraitiste. Dans certaines images il y a parfois trop d’information, on peut chercher à en éliminer pour rendre l’image plus lisible (cela passe par les couleurs, ou le flou pour donner l’illusion de mouvement ou faire du faux tilt shift et nous faire ressembler à des lilliputiens, ou un recadrage…). On peut également à contrario « sauver » une image. L’image est « flat », plate. Sans saveur. Et pourtant on sent un potentiel en elle. Comme certains vieux tableaux qui sont ternes avant de passer dans les mains d’un restaurateur. Autre question qui m’a été soulevée sur le travail avec modèle : non je ne touche pas aux formes des modèles. Je ne sais pas faire. Enfin, si, il m’est arrivé avant prise de vue, étant également thérapeute manuel de « drainer » des valises sous les yeux car ma modèle avait fait la fête la veille, aujourd’hui cela reste une de mes meilleures images, et je devrais peut être proposer un service.

Peut-être avez-vous pris une image au lever du soleil ou il n’y a pas encore de couleurs, qu’il y a de la brume, des fumées, et que tout possède le même ton. Dans ce cas il faudra raviver les couleurs, elles sont présentes mais atténuées, recréer les couleurs dans le ciel vide, et rajouter des rayons de lumière pour parachever le tout. Cela peut donner cela :

Certains préféreront l’image brute, d’autre la photo traitée, certains préféreront l’image surréaliste du début d’article qui est une copie d’écran de Exposure, avec un traitement filtre infra rouge. Il m’arrive de changer d’avis en vieillissant. Souvent quand je découvre un nouveau procédé, cela m’obsède, j’en use peut être un peu trop, puis cela passe après coup. Bref, on a ses obsessions du moment. Quant à certaines images, je ne me pose plus la question, elles me paraissent en l’état où elles doivent être.

Niveau temps, en photoreportage, cela me prend de quelques secondes à quelques minutes en général, jusqu’à plusieurs heures pour des photos de burlesque prises en spectacle, ou lors de série pensées comme des tableaux comme ma série Nymphe ou je mélange divers techniques que je fusionne à la fin. Parfois certaines images m’obsèdent, et je les garde au chaud, un an, deux ans. J’ai des amis qui font du painting d’image (et recréent une image à partir d’une photo), d’autres qui préfèrent les instantanés polaroids. Bref, à chacun ses plaisirs. Et cela offre toute une gamme de diversité d’images qui raviront nos goûts variés.

 

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